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Autrefois, beaucoup d’agriculteurs de Saint Pierre avaient une vigne et faisaient leur vin; ce n’était pas des grands crus prestigieux, mais juste d'honnêtes breuvages blancs ou rouges, titrant au plus 10° d’alcool, destinés à satisfaire le gosier des habitants. De nos jours, Bébert est le dernier à perpétuer cette tradition à Saint Pierre d’Alvey, alors que les coteaux proches de Jongieux, plus propices, en ont fait une industrie. C’est sur le flanc sud d’une colline, au Mas, que se niche le petit vignoble que Bébert entretient avec soin, en perpétuant la tradition familiale. On est frappé par la diversité des plants: en blanc, on trouve de la Jacquère, du Chardonnay, de la Roussette, du Rayon d’or ... en rouge on trouve des Gamay dont un très foncé, nommé teinturier, du Pinot, du Montmélian, ainsi que d’autres aux noms plus hermétiques comme le 45-46, ou le 54-55. |

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La dernière vigne de Saint Pierre chez Albert Magnin... |





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Certains ceps ont plus de 50 ans, ils ont été plantés par le père de Bébert. Les pieds sont espacés de 90 cm; les anciens préféraient tous les mètres. Les vignes sont taillées pour pousser en archets sur 4 fils. Il y a bien du travail avant d’arriver à remplir les verres: tailler les gourmands, sulfater, éclaircir, faire des voeux pour que la météo soit favorable et que le soleil et l’eau mûrissent en final de beaux grains prêts à être vendangés en septembre.
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Sitôt vendangés, blancs et rouges sont traités séparément: le raisin destiné au rouge est broyé, avant d’être cuvé environ 9 jours, jusqu’à ce qu’il ait fini de bouillir, dans la grosse cuve en bois située à côté du pressoir. Le jus fermenté est soutiré et mis dans des gerles; le fond de cuve est pressé, et ce jus va rejoindre le précédent. Il reste le marc dans le pressoir, qui servira à faire la tomme au marc ou pourra être distillé. Le jus est mis en tonneau mais ce n’est pas fini: dès que le vin s’éclaircit, ou bout de trois mois environ, on soutire le vin avant de le remettre dans le fût soigneusement lavé, méché au soufre. L’opération est répétée encore une fois, et on la pratique ensuite chaque fois qu’on change le vin de fût.
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pour le blanc, les grappes broyées vont directement au pressoir; le jus est bouilli en tonneaux; la durée de fermentation, autour d’un mois, dépend du sucre du raisin et de la température. Le vin est ensuite transvasé dans un tonneau méché au soufre. Cette opération sera répétée en mars. |
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le pressoir, la cuve et le broyeur |
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Et voilà, y’a plus qu’à goûter dans la fraîcheur de la cave; c’est vrai que ce petit rouge bien coloré et parfumé a un arrière goût de reviens-y! L’an prochain, j’essayerai de ne pas rater les vendanges; et pourquoi pas, on pourrait faire une fête au village à l’occasion ... |
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PHG nov 2009 |