Zone de Texte: REGARD SUR SAINT PIERRE
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L’église de St Pierre d’Alvey au XIXème siècle

Peut-être vous êtes vous demandé comme moi pourquoi beaucoup d’églises de l’avant pays savoyard se ressemblent tant, et paraissent assez récentes. C’est en parlant avec Pierre que j’ai obtenu quelques explications, issues du livre d’Annick Rey-Bogey, l’ARCHITECTURE et l’ELAN RELIGIEUX de la SAVOIE au XIXème siècle (*). 

      A cette époque, un élan religieux favorisé entre autre par le retour du gouvernement Sarde, fait suite aux années anticléricales de la révolution. Le clergé décide de reconstruire ou d’agrandir les églises. Le diocèse de Chambéry est très motivé,  puisque sur les 172 paroisses qu’il comprend , 126 églises sont reconstruites, et parmi elles, 56 sont agrandies. 

       Les anciennes églises étaient souvent abîmées ou vétustes, les années post-révolution n’ayant pas du arranger leur état. De plus, avec leur taille trop petite, leurs toits sans voûtes et leurs clochers murs, elles ne correspondaient plus au souhait de grandeur du moment. C’est néanmoins avec un peu de nostalgie que l’on repense à ce que devaient être les anciens édifices dont ne subsistent que de rares traces, croquis ou photos, comme pour celles de Loisieux ou de Traize, ou vieilles pierres comme dans le clocher de saint Pierre.

     A la volonté du clergé s’oppose parfois la mauvaise volonté des communes, sur qui reposent  une grande part des frais de ces reconstructions, entre 4000 et 100000 Francs ou Livres de l’époque, 2 livres équivalant à environ une journée de travail d’un homme. En effet, environ 50% des frais incombaient à la commune (emprunts, ventes de biens), 10 à 25% à l’état (subventions), 2 à 4% à la fabrique (organisation cléricale paroissiale), le reste en dons (Chartreux entre autres), souscriptions, sans oublier les corvées obligatoires pour les paroissiens. 

     Selon l’architecte choisi, agréé par l'évêché, trois styles principaux étaient en vogue: néo-classique villageois (comme Cognin), néo-Roman, ou néo-Gothique, comme beaucoup d’édifices de l’Avant Pays Savoyard.

      Concernant saint Pierre d’Alvey , le syndic (conseil municipal de l’époque), était indécis. L’émulation locale était  forte et le principal souhait était d’avoir un bâtiment grandiose. L'évêché  incita donc le choix de l’architecte Pellegrini (style néo-Gothique) plutôt que Dunoyer et son style néo-Classique. Le coût de la reconstruction de l’église de Saint Pierre d’Alvey se serait élevé à 17600 Livres.  Les règles canoniques assouplies ont permis d’orienter le bâtiment de la façon la plus commode, d’où la position atypique de l’entrée et du coeur.

 

 

 

(*) Je vous invite, si ça vous intéresse, à compléter  ce modeste résumé par la lecture de l’excellent ouvrage précité, publié dans le cadre de la Société Savoisienne d’Histoire et d’Archéologie, et de la Fondation pour l‘Action Culturelle Internationale en Montagne.

Vous pourrez voir une pierre gravée sur la face sud du clocher de l’église de Saint Pierre d’Alvey: elle comporte les noms du Syndic qui  vers 1835 fut à l’origine des premières restaurations du bâtiment.

PHG nov 2008